Mission Ouvrière de l’Orne : 2017...  60e Anniversaire... et après ?

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2017… le 60e Anniversaire : Et ensuite... ?

La réforme des retraites

sous la loupe de la pensée sociale de l’Église

MISSION OUVRIÈRE LILLE

 A la veille de la grande journée de mobilisation sociale du 5 décembre 2019 sur la réforme des retraites, les chrétiens engagés dans le milieu ouvrier et les quartiers populaires se questionnent sur la nécessité et la justice de la réforme préparée par le gouvernement. Sur le fond comme sur la forme, cette question est loin d'être théorique pour les personnes des milieux populaires dont les salaires, puis les pensions, sont les plus bas et qui ont une espérance de vie bien plus courte que les personnes des milieux aisés. Pour les chrétiens, il apparaît important d'éclairer cette réforme à la lumière de la pensée sociale de l'Église pour en faire apparaître les chances et les dangers. La Mission Ouvrière du diocèse de Lille vous propose un regard ouvrier et chrétien sur cette question d'actualité. Un regard parmi tant d'autres qui vous aidera peut-être à forger votre opinion.

 

Ce que l'on sait de la réforme des retraites


La réforme des retraites en cours de préparation laisse beaucoup de zones floues mais elle s'appuiera principalement sur les préconisations du haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, présentées en juillet 2019. Ces préconisations laissent apparaitre les grandes lignes directrices du futur système

  • Un système universel par répartition qui s'appliquera à tous et qui englobera les 42 régimes obligatoires qui coexistent aujourd'hui (base, complémentaire, fonctionnaires, privé, indépendants, régimes spéciaux…) 
  • Un système par points où un euro cotisé vaudra les mêmes droits pour chaque Français. Ce qui mettra fin à la règle des vingt-cinq meilleures années dans le privé et des six derniers mois dans le public qui sert de base de calcul des droits à retraite aujourd'hui au risque de pensions plus basses.
  • Pour compenser cette baisse de revenus, le nouveau système intégrera les primes dans le calcul des droits à la retraite des fonctionnaires civils, militaires et salariés des régimes spéciaux.
  • L'âge minimum de départ à la retraite qui resterait à 62 ans mais l'âge réel de départ sera plus tardif pour la grande majorité des salariés qui devront travailler plus longtemps pour partir avec une retraite à taux plein.
  • La pénibilité devrait être prise en compte dans l'âge de départ à la retraite permettant de partir un ou deux ans plus tôt pour les travailleurs ayant effectué toute leur carrière dans des métiers pénibles.


Les syndicats de travailleurs apparaissent très inquiets devant cette nouvelle réforme. Ils y voient une tentative supplémentaire d'un gouvernement pour reculer l'âge de départ à la retraite et niveler par le bas les droits des travailleurs. Mais quel regard pouvons-nous porter sur ces grandes lignes à partir des grands principes de la pensée sociale de l'Église : dignité de la personne humaine, écologie intégrale, subsidiarité, solidarité ?

 

La retraite : un droit fondamental pour l'Église


Avant tout, il apparaît important de dire que pour la pensée sociale de l'Église, le droit à la retraite n'est pas juste une option ou une possibilité. C'est un droit fondamental. Le Compendium de la doctrine sociale de l'Église publié par le Saint Siège en 2004 est clair : " Les droits des travailleurs, comme tous les autres droits, se basent sur la nature de la personne humaine et sur sa dignité transcendante. Le Magistère social de l'Église a voulu en mentionner quelques-uns, en souhaitant leur reconnaissance dans les ordonnancements juridiques : le droit à une juste rémunération; le droit au repos; (…) le droit à la retraite ainsi qu'à l'assurance vieillesse, l'assurance maladie et l'assurance en cas d'accidents du travail ".


Une égale dignité qui interpelle sur les différents régimes de retraite


 La pensée sociale de l’Eglise pose le principe de l’égale dignité de toutes les personnes humaines. Chacun est un enfant de Dieu qui bénéficie de la même dignité. A ce titre, la proposition d'un régime de retraite unique pour tous apparait comme une avancée majeure. On ne peut qu'être interpellé de voir la très grande diversité des régimes de retraites actuels. Ainsi une personne qui effectue le même travail se verra appliquer des conditions d'accès à la retraite bien différentes s'il travaille dans telle ou dans telle entreprise en fonction du régime de retraite qui s'y applique. Ces différents régimes spéciaux sont le fruit de l'histoire et des luttes sociales et se basent très souvent sur des raisons valables (pénibilité, risque…). Mais cette différence de traitement à de quoi interpeller.

 

Egalité ou moins disant social ?


Si la recherche d'égalité est bien légitime, pourquoi le régime choisi pour être appliqué à tous est-il le plus défavorable aux salariés ? Dans les propositions qui sont formulées, on ne voit pas la volonté de choisir une voie médiane et équilibrée entre les différents régimes de retraites existants. Le gouvernement semble s'aligner systématiquement sur le régime le moins favorable. La recherche d'égalité serait-elle une simple excuse pour niveler le niveau des pensions et l'âge de départ à la retraite vers le bas ?

 La pensée sociale de l'Église nous invite aussi à replacer la notion d'égale dignité dans le contexte de vie des personnes. Ainsi, appliquer un seul et même régime à des personnes dont les vies professionnelles sont complètement différentes est-il vraiment juste ? C'est une vraie question pour les personnes du milieu ouvrier qui ont une espérance de vie sept ans inférieure à celle des cadres et qui sont exposés à des conditions de vie et de travail bien plus usantes. Ainsi, le gouvernement utilise régulièrement l'argument mathématique de l'allongement de l'espérance de vie pour justifier un départ à la retraite plus tardif mais il se refuse à appliquer le même argument à la pénibilité du travail sinon la réforme proposerait que les ouvriers partent en retraite 7 ans avant les cadres, ce qui n'est pas le cas. On avait déjà pu le constater lors de la mise en place du dispositif pénibilité il y a quelques années. Au lieu d'un système simple permettant un départ anticipé à la retraite pour les salariés ayant exercé un métier pénible, les partenaires sociaux et le gouvernement ont monté un système complexe avec de nombreux critères de pénibilité à remplir qu'ils accusent aujourd'hui d'être une usine à gaz. Il est facile de techniciser un problème pour mieux le décrédibiliser. On peut donc s'interroger sur la réelle volonté du gouvernement de permettre une véritable égalité dans l'accès à la retraite en tenant compte de la pénibilité à sa juste proportion.

 

Une option préférentielle pour les pauvres qui interpelle


 La pensée sociale de l'Église pose fortement le principe d'une option préférentielle pour les pauvres. Ce principe affirme que les pauvres doivent être prioritaires dans la vie de l’Église et dans celle de nos sociétés. Ils doivent être prioritaires dans chaque politique publique et initiative privée. Cela apparait comme une nécessité en matière de retraite quand on voit le nombre important de personnes âgées vivant sous le seuil de pauvreté. Or, les premières simulations de calcul de pension laissent apparaître une baisse générale du niveau des pensions, ce qui a de quoi inquiéter sur le niveau de vie des retraités et en particulier des plus pauvres.

Au-delà de ses effets, la philosophie générale de la retraite par points interroge car le principe de "un euro cotisé ouvre les mêmes droits pour tous" est un principe de justice proportionnel dont on sait bien qu'il favorise les plus aisés par rapport au principe de justice progressif qui répartit mieux les richesses. La philosophie sous-jacente de ce régime tend à laisser croire qu’on ne récolte à la retraite que le fruit de son travail. Ainsi, ceux qui arrivent en retraite avec de faibles pensions sont eux-mêmes coupables de leur sort. N'auraient-ils pas dû travailler plus et mieux pour obtenir un meilleur salaire et donc une meilleure pension ? Ainsi réapparait le spectre de la méritocratie contre lequel le pape François s'est bien souvent dressé. En 2015, le pape prenait la parole pour rappeler que : « La méritocratie est en train de devenir une légitimation éthique de l’inégalité qui culpabilise les pauvres ». C’est pourquoi le Compendium de la doctrine sociale de l'Église affirme : « Une répartition équitable du revenu doit être poursuivie sur la base de critères non seulement de justice commutative, mais aussi de justice sociale, c'est-à-dire en considérant, au-delà de la valeur objective des prestations de travail, la dignité humaine des sujets qui l'accomplissent. Un bien-être économique authentique se poursuit également à travers des politiques sociales de redistribution du revenu ». Un effort notable en direction des plus pauvres est donc nécessaire pour un régime de retraite vraiment juste.

 

La retraite par répartition : un exemple de subsidiarité


« Il est impossible de promouvoir la dignité de la personne si ce n’est en prenant soin de la famille, des groupes, des associations, des réalités territoriales locales, bref de toutes les expressions associatives de type économique, social, culturel, sportif, récréatif, professionnel, politique, auxquelles les personnes donnent spontanément vie et qui rendent possible leur croissance sociale effective ». Cette phrase tirée du Compendium de la doctrine sociale de l’Église pose le principe de subsidiarité qui rappelle que c’est l’existence des corps intermédiaires organisés qui permet à chacun d’être représenté au sein de la société. C’est une forme de décentralisation organisée qui permet à chacun de participer démocratiquement à la société en mettant de côté les intérêts particuliers.

Ainsi, le système de retraite par répartition apparaît comme un exemple de subsidiarité car il implique fortement les partenaires sociaux dans sa gestion et sa négociation. Pourtant, depuis quelques années, ce principe de subsidiarité est bien malmené. Les partenaires sociaux sont de moins en moins écoutés et l'État n'hésite pas à taper dans la caisse de la protection sociale pour financer son propre budget. Autre point d'inquiétude, la nouvelle réforme est bien plus inspirée d'une promesse de campagne du président Emmanuel Macron que du dialogue social.

 

Les fractures de la société française rejaillissent sur les retraites

 Or, la réalité de vie et la vision du monde du travail du président de la République sont profondément différentes de celle des personnes de milieux populaires. Récemment, le président a déclaré, en parlant du travail : "Moi je n’adore pas le mot de pénibilité, parce que ça donne le sentiment que le travail serait pénible". Si on peut comprendre cette parole dans le sens où le travail est, pour les chrétiens, une source fondamentale d’épanouissement, elle montre le décalage de vision du travail avec la grande majorité des personnes de milieux populaires qui souffrent au quotidien de la précarité et des maladies physiques et psychiques provoquées par le travail. Ainsi, il y a une véritable crainte de voir cette vision orientée du monde du travail forger un système de retraite qui soit en décalage avec la réalité des travailleurs modestes. En effet, quel sens un système de retraite par points a-t-il pour des personnes qui ont vécu toute leur vie professionnelle en passant d'un emploi précaire à un autre et d'une période de chômage à une formation… ? Ne seront-t-elles pas fondamentalement désavantagées par rapport à quelqu'un qui bénéficie des moyens pour être compétitif sur le marché du travail ?

Les politiques publiques menées par le gouvernement depuis la dernière élection présidentielle participent à cette inquiétude. En effet, le président de la République semble croire en un partage des richesses sous forme d'un ruissellement qui partirait du haut, à partir des premiers de cordée, des plus riches. Or, pour la pensée sociale de l’Eglise, ce ruissellement ne peut partir que du bas, des plus pauvres. La suppression de l'ISF, les aides massives distribuées aux entreprises alors que les services publics et les travailleurs modestes sont invités à se serrer la ceinture… ce type de politique publique qui favorise les plus aisés fait forcément planer des inquiétudes sur la capacité du gouvernement à prendre en compte les besoins des plus modestes dans la construction du futur régime de retraite.

Ainsi, on peut s’interroger sur la manière dont cette réforme est mise en place. Alors que le gouvernement a lancé un grand travail démocratique sur la question de la transition écologique au travers d’une convention tirée au sort, la question des retraites mérite aussi d'être débattue plus en profondeur et d'intégrer d'autres regards.

 

L'écologie intégrale questionne le temps de la retraite

 

En publiant l'encyclique "Laudato Si" en 2015, le pape François a placé le respect de la nature au cœur de la doctrine sociale de l'Église. Il y insiste sur la nécessité d’une simplicité volontaire afin de préserver notre planète et faire grandir la justice sociale. Ainsi, on peut s'interroger : quel sens cela a-t-il de travailler toujours plus longtemps alors que notre planète souffre de surexploitation et qu'une part croissante de sa population est privée d'emploi ou sous-employée ? Ne sommes-nous pas appelés à un meilleur partage des richesses mais également du temps de travail ? La retraite a changé. Avant, on partait à la retraite brisé par une vie de travail et dépendant des soins des autres. Aujourd'hui, ce sont les retraités qui sont les premiers acteurs du soin et du lien social. C'est eux qui gardent les enfants et petits-enfants, qui font vivre les associations, qui animent activités culturelles, sportives, sociales et spirituelles de la cité. Bref les retraités sont les premiers acteurs de l’économie non-marchande. L’augmentation du nombre de retraités a, en partie, sauvé la vie associative de nombreux lieux de vie. La présence de jeunes retraités notamment, qui ne sont pas encore touchés par des maladies et des incapacités, sont un véritable plus pour nos communautés.

Ainsi, nous sommes interrogés sur le temps de la retraite. Est-il l'antichambre de la mort ou un temps que nous donne la société pour nous mettre gratuitement au service des autres ? Dans une société de plus en plus fracturée où les travailleurs disposent de moins en moins de temps pour s'engager socialement, le temps de la retraite est bien plus qu'un temps de repos après une vie de travail. C'est le choix social d'un temps de gratuité au service du lien social, du soin et du bien commun.


 Choisir de donner du temps pour le bien commun

 

Il y a là un véritable choix de société qui nous interroge sur le sens même du travail. Aujourd’hui, on compte dans la retraite uniquement le travail que les employeurs décident de rémunérer mais tout le travail gratuit qui a bien souvent une utilité sociale plus forte que le travail rémunéré (s’occuper de ses proches, participer à la vie locale et citoyenne…) est presque complètement ignoré de ce calcul. Saint Paul affirme avec force " Celui qui ne travaille pas, qu’il ne mange pas non plus " mais dans la même phrase il affirme aussi que le service de la communauté est pleinement du travail.

La réforme de notre système de retraite nous conduit vers des enjeux de société bien plus importants que des questions d'équilibre budgétaire. C'est bien le partage des richesses, le partage du travail, la préservation de la planète et du lien social qui sont en jeu. Des questions de fond à garder à l'esprit de tous ceux qui manifesteront le 5 décembre et de tous ceux qui ne le feront pas pour forger leur opinion sur la future réforme.

Message de Noël 2019 de la Mission ouvrière

Message de Noël 2018

Lien vers les vidéos de Noël 2018 de la Mission ouvrière

Et spécialement, celle du Havre... Bravo et merci aux copains... Les Normands de là-haut !

 

http://www.mission-ouvriere.info/2018/11/message-de-noel-2018-la-mission-ouvriere-du-diocese-du-havre-a-mis-en-images-le-message-propose-par-la-mission-ouvriere-de-l-orne-et

 

(On appuie sur "majuscule" et on clique sur le lien)

1er mai 2018 - L’humain au cœur du travail

 

MESSAGE DE LA MISSION OUVRIERE

Le chômage de masse atteint toutes les tranches d’âge, même s’il concerne particulièrement les jeunes, les seniors et les personnes en situation de handicap. La peur du licenciement et d’un salaire revu à la baisse explique qu’on accepte un emploi avec de mauvaises conditions. Les jeunes confrontés à la précarité n’ont plus la garantie d’une certaine stabilité, d’une rémunération décente et d’une protection sociale. La vie ouvrière a beaucoup évolué : peut-être moins de travaux pénibles mais plus de contraintes, de pression, d’horaires décousus… Nous percevons une souffrance au travail de plus en plus présente, sur fond de déshumanisation et de concurrence entre les travailleurs au sein des entreprises.

Dans de nombreux métiers de service à la personne, les moyens ne couvrent pas les besoins. Dans les entreprises privées, deux réalités s’opposent : d’un côté la finance qui se porte bien, de l’autre des salariés qui galèrent et sont les oubliés de la réussite. Les évolutions de l’entreprise sont source de difficultés pour les travailleurs. En relisant la vie, nous soulignons les manques, les revendications de dignité, les envies de changer les situations.

À quoi tout cela sert-il finalement, à part gagner son pain ? C’est important, mais ne plus avoir prise sur le contenu de ce qu’on fait, voire être en totale contradiction avec ses valeurs intimes, débouche sur de la souffrance.

 

Nous inscrivons les droits des salariés
dans l’histoire des conquêtes de la classe ouvrière


 Avoir un emploi, travailler, demeure une attente primordiale et une tradition vivante du monde ouvrier. Celui-ci vit à la fois une histoire d’exploitation et de conquêtes communes, gagnées et partagées par la classe ouvrière. Ces conquêtes de droits pour les travailleurs sont des repères pour d’autres dans le monde.

Nous sommes porteurs d’une vision où l’humain prime sur l’économie. Elle doit être à son service. Cette vision est initiée dans la parole de Cardijn : « Un jeune travailleur vaut plus que tout l’or du monde car il a la dignité de fils ou fille de Dieu ». Nous voulons redonner un contenu et un sens à nos activités, plus conformes à ce que nous sommes. Nos mouvements permettent aux uns et aux autres de motiver leurs parcours professionnels et d’exprimer leur dignité par le travail.

 

Nous voulons mettre en avant les solidarités,
les parcours d’engagement au service du bien commun

Nous voulons mettre en avant les solidarités,
les parcours d’engagement au service du bien commun

 

Dans l’Évangile, nous constatons que Jésus a pris des travailleurs comme disciples. Travailleurs, croyants et militants, nous participons à l’œuvre de création à laquelle nous appelle le Christ. Dans notre travail, il y a une part qui n’est pas échue au salaire mais à un besoin de construire et de participer avec d’autres.

En faisant exprimer la dignité et le sens du travail, nous affirmons le droit au travail. C’est un droit de l’Homme. Ce qui nous fait souffrir, ce sont tous ceux qui sont privés de ce droit. C’est une perte pour eux, pour la société, pour notre humanité entière.
Dans l’Évangile, nous constatons que Jésus a pris des travailleurs comme disciples. Travailleurs, croyants et militants, nous participons à l’œuvre de création à laquelle nous appelle le Christ. Dans notre travail, il y a une part qui n’est pas échue au salaire mais à un besoin de construire et de participer avec d’autres.

En faisant exprimer la dignité et le sens du travail, nous affirmons le droit au travail. C’est un droit de l’Homme. Ce qui nous fait souffrir, ce sont tous ceux qui sont privés de ce droit. C’est une perte pour eux, pour la société, pour notre humanité entière.

Dans l’Évangile, nous constatons que Jésus a pris des travailleurs comme disciples. Travailleurs, croyants et militants, nous participons à l’œuvre de création à laquelle nous appelle le Christ. Dans notre travail, il y a une part qui n’est pas échue au salaire mais à un besoin de construire et de participer avec d’autres.

En faisant exprimer la dignité et le sens du travail, nous affirmons le droit au travail. C’est un droit de l’Homme. Ce qui nous fait souffrir, ce sont tous ceux qui sont privés de ce droit. C’est une perte pour eux, pour la société, pour notre humanité entière.

Les paroles du pape François nous inspirent : « L’avenir de l’humanité n’est pas uniquement entre les mains des grands dirigeants, des grandes puissances et des élites. Il est fondamentalement dans les mains des peuples, dans leur capacité à s’organiser et aussi dans vos mains qui arrosent avec humilité et conviction ce processus de changement ».

 

 

 

Secrétariat national de la Mission ouvrière 58 avenue de Breteuil 75007 Paris www.mission-ouvriere.info

Action catholique ouvrière, Jeunesse ouvrière chrétienne, Action catholique des enfants, prêtres-ouvriers,
prêtres, diacres, religieux-ses et laïcs en monde ouvrier, et Mgr Stenger (évêque accompagnateur de la Mission ouvrière)

 

 

Message de Noël 2017 de la Mission Ouvrière

60 Ans de la Mission ouvrière

Mot d'accueil de Geneviève et Jocelyne

Bonjour à tous !


Au nom du conseil diocésain de la Mission ouvrière présidé par notre évêque le Père Jacques Habert, nous sommes heureux de vous souhaiter la bienvenue !


Bienvenue aux enfants de l'ACE, aux jeunes de la JOC aux adultes de l'ACO, aux prêtres et religieuses en Mission ouvrière.


Bienvenue aussi à tous les invités qui ont pu répondre présents ou se sont excusés.


Amis de la mission ouvrière, habitants des quartiers, partenaires comme le CCFD, la Pastorale des migrants, le Secours catholique, le service de la pastorale des personnes handicapées, le catéchuménat, le service diocésain de la catéchèse, l'aumônerie du centre de détention, la mission universelle, la communauté paroissiale d'Argentan, Emmaüs, Artisans du monde, représentants syndicaux et politiques.


Nous excusons Jean-Charles Arnaud et Nancy d'Ecouché qui devaient nous accompagner en musique tout au long de la journée, des soucis de santé les ont obligés à décliner l'invitation, ils en sont désolés et sont de tout cœur avec nous.


C'est pour fêter les 60 ans de la Mission ouvrière que nous sommes réunis aujourd'hui.

Toute jeune retraitée, elle n'a rien perdu de son dynamisme.


Si nous avons voulu faire la fête aujourd'hui, c'est pour témoigner de cette présence d’Église en monde ouvrier et dans les quartiers populaires de notre diocèse.


Depuis la naissance de la JOC en 1927 dans l'Orne jusqu'à aujourd'hui beaucoup d'enfants, de jeunes, d'adultes se sont mis en route, ont cheminé, dans l'engagement et dans la foi.

Engagement dans la vie sociale, syndicale, politique mais aussi dans l’Église.


Depuis 60 ans le Monde ouvrier a évolué, avec la fermeture de nombreuses entreprises dans notre département, ce sont les emplois de service et de commerce qui se développent en même temps que les situations de précarité avec l'augmentation du chômage, des temps partiels et des CDD.


Le démantèlement du code du travail inquiète : comment protègera-t-il, entre autre, les plus fragilisés dans leur emploi, les intérimaires, les non titulaires...Quelles solutions pour les retraités qui voient leur pouvoir d'achat s'amenuiser, pour tout ceux qui cherchent un emploi et galèrent de petits boulots en petits boulots ?

 

La JOC vient de promulguer un cahier de doléances avec 40 propositions pour « Un travail digne pour les travailleurs » nous pouvons espérer que nos élus politiques travaillant sur les lois concernant le travail auront une oreille attentive à ces propositions. Comme le rappelait Benoît XVI, le travail décent est l'expression de la dignité essentielle pour tout homme et toute femme.

 

La Mission ouvrière a quant à elle réalisé un document intitulé « l'humain au travail » à partir de 600 enquêtes une base de réflexion qui ne peut que nous encourager à entrer en dialogue avec les travailleurs d'aujourd'hui.


La Mission ouvrière et les mouvements qui la composent sont donc toujours d'actualité dans ce monde précarisé où chacun a besoin de trouver des lieux d'écoute, d'échanges, de partage qui donnent sens, permettent de se mettre en route, prendre des responsabilités, être acteur citoyen dans la société et cheminer dans la foi en altérité. Chacun peut apporter et se laisser transformer par l'autre.


La Mission ouvrière favorise la rencontre  entre la société civile et l’Église par les militants engagés qui la composent et leur participation dans les différents services d’Église.

Présents dans des syndicats, partis politiques, dans des associations, auprès de migrants, ces militants offrent alors un regard différent et complémentaire sur la place de l'Église dans la société.


Par des temps forts de récollection, des célébrations, des rencontres régulières, par le jeu, la prise de responsabilités, et surtout la relecture de la vie, chacun est invité à découvrir au cœur même de sa propre vie le message de l’Évangile, la présence du Christ ressuscité.


Aujourd'hui, après la rencontre nationale de 2015 « élargis l'espace de ta tente », la Mission ouvrière est appelée à œuvrer toujours plus en partenariat avec d'autres services et mouvements. Elle s'inscrit dans la démarche de la Diaconie, voulue par notre Évêque et encouragée par notre Pape : « une église pauvre pour les pauvres », une église qui évangélise et se laisse évangéliser par les plus fragiles, où la dignité de chacun est révélée, où chacun trouve sa place, est acteur dans l'humanisation du monde pour promouvoir une société plus juste.


Avec le débat auquel chacun va  participer, nous allons pouvoir vérifier comment, à travers des initiatives diverses nous sommes déjà engagés pour promouvoir ce monde plus juste et solidaire, comment nous sommes en chemin  et quelles sont les intuitions qui nous poussent à agir, nous donnent l'espérance : Peuple en marche, quel vent nous pousse ?


Comme le rappelle le message du Pape François pour la journée mondiale du plus fragile en citant l'apôtre Jean : « Petits enfants,n'aimons pas en paroles ni par des discours, mais par des actes et en vérité » 1Jean 3-18


Alors bonne fête à tous, bonnes rencontres  et bonne journée, la parole est à vous !

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