Mission Ouvrière de l’Orne : 2017...  60e Anniversaire... et après ?

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2017… le 60e Anniversaire : Et ensuite... ?

Qu'est-ce que l'ACO ?

L’Action Catholique Ouvrière est un mouvement d’Église sous la responsabilité de laïcs et une association Loi 1901. Crée en 1960, elle fonde sa mission sur celle du Christ et de toute l’Église ; accueillir et annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu. Ses membres vivent une double fidélité à Dieu et au monde ouvrier.

Conférences de la retraite du Bureau national à Beaugency animée par Christian MELLON

Beaugency

  1. La tradition biblique : Pas de Paix sans JUSTICE

 

Le mot « paix » est ambigu en français. Il est à la conjonction de deux traditions :

 

Latin Pax : idée de pacte, par ex pour délimiter une frontière (Pax romana : imposition d’un ordre par la force). C’est la paix armée : si tu veux la paix, prépare la guerre.

 

Hébreu Shalom : La racine du mot évoque ce qui est intact, complet… Ce qui est réparé après avoir été abimé. D’où : santé. Salutation : es-tu en paix ?

 

Comprend justice, respect mutuel, absence de toute domination ou exploitation, harmonie dans les relations entre les hommes, entre les peuples, harmonie avec la nature et avec Dieu.

Donc bien plus que l’absence de guerre.

 

De nos jours, on sent bien cette ambigüité. Comparons « artisan de paix et « fichez-moi la paix ! »

 

Sens actif : la paix est quelque chose que l’on fait. C’est une tâche. On « fait la paix », par la négociation, les efforts pour se connaître, s’entendre, régler les différends, etc.  Et aussi, on le verra, par la lutte non-violente

 

Sens passif : paix = absence de guerre. On « a la paix » quand il ne se passe rien. On me laisse tranquille. L’idéal n’est plus la rencontre, l’échange, mais la  distance, la séparation, l’absence de relation : « Fichez moi la paix ! »

 

« Faire la paix est la source de toutes les grandeurs, comme avoir la paix est la source de toutes les lâchetés » (Péguy, cité par Jean Lacroix)

 

Ecoutons le pape François :

« Ce serait une fausse paix que celle qui servirait d’excuse pour justifier une organisation sociale qui réduit au silence ou tranquillise les plus pauvres, de manière à ce que ceux qui jouissent des plus grands bénéfices puissent conserver leur style de vie sans heurt, alors que les autres survivent comme ils peuvent. Les revendications sociales qui ont un rapport avec la distribution des revenus, l’intégration sociale des pauvres et les droits humains ne peuvent pas être étouffées sous prétexte de construire un consensus de bureau ou une paix éphémère, pour une minorité heureuse. La dignité de la personne humaine et le bien commun sont au-dessus de la tranquillité de quelques-uns qui ne veulent pas renoncer à leurs privilèges. Quand ces valeurs sont touchées, une voix prophétique est nécessaire.

 La paix « ne se réduit pas à une absence de guerres, fruit de l’équilibre toujours précaire des forces. Elle se construit jour après jour dans la poursuite d’un ordre voulu de Dieu, qui comporte une justice plus parfaite entre les hommes » EG 218-219

 

 

 

Le socle de la paix :

Jean XXIII Pacem in terris (1963): « Sur la paix entre toutes les nations, fondée sur la vérité, la justice, la charité, la liberté.

Les dimensions de la paix : le pape François écrit que « La paix est une conversion du cœur et de l’âme ; et il est facile de reconnaître trois dimensions indissociables de cette paix intérieure et communautaire :

- la paix avec soi-même, en refusant l’intransigeance, la colère et l’impatience et, comme le conseillait saint François de Sales, en exerçant ‘‘un peu de douceur avec soi-même’’, afin d’offrir ‘‘un peu de douceur aux autres’’ ;

- la paix avec l’autre : le proche, l’ami, l’étranger, le pauvre, le souffrant… ; en osant la rencontre et en écoutant le message qu’elle porte avec elle ;

- la paix avec la création, en redécouvrant la grandeur du don de Dieu et la part de responsabilité qui revient à chacun d’entre nous, en tant qu’habitant du monde, citoyen et acteur de l’avenir. »

(Message du 1 janvier 2019)

 

 

Justice

AT.

 Le "juste" c’est celui qui suit la voie de Dieu. Par opposition au pécheur. Sens très vaste, qui inclut ce que nous appelons aujourd'hui "justice", mais qui le dépasse très largement : refus de l'idolâtrie, fidélité à l'écoute de la parole, sagesse, etc.

 

« Abram crut en Dieu, qui le lui compta comme justice » (Genèse 15, 6)

 

Le mot a d’abord un sens juridique : le juge fait respecter la loi. Ce qui est « juste », c’est que chacun ait son dû : ce à quoi il a droit

 

Sens éthique : la justice est la vertu de celui qui observe tous les commandements

Le juste, c’est l’ami de Dieu, le serviteur pieux et irréprochable

 

La justice doit aussi régir les rapports des hommes entre eux :

Job  35,8.

Lien entre la justice au sens très général et la défense des pauvres, des opprimés

Qo. 5,7

 

Et aussi "justes" rapports à autrui : ne pas fausser les balances, donner son dû à l'ouvrier, etc...

 

Dt 10, 17-19

Mi 2,1-3  3, 1-3  6,9-12  7,2-4 

Am 2,6-8   5, 11-12

Is 5,8   5,20-23  10,1-2  11,1-9

Jr 34,8-17

 

Le rapport entre justice et paix :

Bien sur le ps. 85

Mais aussi Isaïe 32, 16-17

Is 60, 17 : « Pour magistrature, j’instituerai la paix » et comme gouvernement la justice »

 

On retrouve le sens très large du mot justice dans le NT : « Cherchez d'abord le Royaume de Dieu et sa justice » C’est tout ce qui est conforme au vouloir de Dieu.

 

Pour nous aujourd'hui,

 

Fort intérêt pour ce thème depuis le Concile Vatican II. Il y a eu Populorum progressio, la Théologie de la libération avec l’option préférentielle pour les pauvres

 

Pour nous le mot justice ne s'applique plus guère au rapport entre l'homme et Dieu, ni au rapport interpersonnel immédiat. Son emploi renvoie presque uniquement au champ du collectif : le social, le politique, les relations entre peuples. C’est le champ de la « doctrine sociale de l’Eglise »…

 

Longtemps on a utilisé plutôt le mot charité pour l’individuel et le mot justice pour le collectif.

Mais cela a changé : pour Pie XI, la charité concerna aussi le champ politique. La politique, la plus vaste charité (1927)

 

Ne pas mépriser le sens juridique du mot justice : le droit c'est la première protection du faible contre la violence du fort.  Et nous savons l’importance de la structuration juridique des Droits de l’Homme. Cf. Pacem in terris

 

Le lien paix- justice.

Aucune paix n'est véritable ni durable si elle ne se fonde sur

 

  1. la justice (notamment pour les plus pauvres),
  2. le respect de la dignité de tout homme
  3. la vérité et la liberté
  4. la fraternité.

 

Pour un héritier de la tradition biblique, il n'y a pas de vraie paix tant que des hommes sont opprimés, vivent dans des conditions infrahumaines ou sont marginalisés.

 

Paradoxe : au nom même de cette conception de la paix, qui « n’est pas seulement l’absence de guerre » il va falloir entrer en conflit !

Toute la tradition biblique - notamment en raison du lien étroit qu'elle ne cesse d'affirmer entre paix et justice - enseigne qu'on ne peut faire la paix sans s’opposer aux personnes, groupes, forces (politiques, sociales, économiques) qui sont sources d’injustices. Tel est le paradoxe : non seulement le conflit n'est pas le contraire de la paix, mais il en est souvent la condition. C’est ce que nous verrons cet après midi…

 

 

 

 

PRIERE

Psaume 85

    Oraison pour la messe votive « pour la paix et la justice »

Isaïe 11, 1-9

 

Question perso :

La paix dans ma vie : tranquillité (fichez moi la paix) ou action (réconciliation, lutte pour la justice)

 

 

Annexe

 

L’opposition justice/charité

Distinguer la "relation courte" : aide, assistance

La "relation longue" qui passe par les médiations.  Longue distance, long temps, longues analyses.

 

Tendance à réserver le mot "charité" à la relation courte, et "justice" à la relation longue". Opposition entre "faire la charité" à un mendiant, et travailler à ce que personne n'ait plus à mendier, ce qui est « faire la justice ».

 

Cf. H. CAMARA : Si je donne mes biens aux pauvres on dit que je suis un saint. Si je demande « pourquoi sont-ils pauvres ? » on me traite de communiste.

 

En fait, l’opposition est fausse :

 

Charité. Notion religieuse. Vertu théologale. L'amour dont Dieu nous aime et dont nous devons aimer tous les hommes.

Animés par la charité, nous devons à la fois

- aimer notre prochain (relation courte) dans la vie quotidienne ordinaire : respect, vouloir son bien, gestion des conflits, etc...

- aimer tous les hommes (relation longue) et donc travailler à modifier la société : œuvrer pour la justice.

Il y a autant – sinon plus – de charité à travailler dans la relation longue que dans la courte. C’est pourquoi le pape Benoît XVI invite les chrétiens à s’engager dans « la voie institutionnelle de la charité ».

 

 

 

 

 

 

 

Beaugency

2. L’Évangile : aimez vos ennemis.

 

Beaucoup de violence dans la bible (cf. article A. Wénin)

Mais nous pouvons chercher et trouver dans la Bible un chemin vers le refus de la violence qui s’affirmera dans le Sermon sur la montagne.

 

La Genèse.

Quand Dieu crée l’homme, il lui fixe son menu : l’homme commande aux animaux, mais il ne les mange pas, et ceux-ci ne se mangent pas entre eux : tout le monde est végétarien. C’est un symbole : l’homme n’a pas été créé violent. Et il est appelé à vivre dans un monde de paix. Quand les prophètes évoquent les temps messianiques, ils décrivent un temps où tout armement sera supprimé et où l’homme vivra en paix avec les animaux : « Je ferai pour Israël un pacte avec les bêtes… l’arc et l’épée et la guerre, je les briserai dans le pays » (Osée 2,20)

 

Mais voici que l’homme s’écarte de la voie de Dieu. Le péché. Caïn tue Abel… Mais Dieu protège Caïn…

 

Puis le péché envahit la terre au point que Dieu veut mettre un terme à l’humanité : le Déluge !

 

Avec Noé, Dieu renouvelle l’alliance, mais il donne une loi moins exigeante concernant la violence : il autorise l’homme à manger les animaux (Genèse 9). Résigné à ce que l’homme soit violent, Il tente de comprimer cette violence par quelques digues :

 

La Loi.

Les rites du jubilé, du pardon

Les sacrifices d’animaux remplacent les sacrifices humains (histoire d’Isaac)

 

Le Messie est attendu non pas sur un cheval (qui évoque la conquête militaire) mais sur un âne.

 

L’Évangile « aimez vos ennemis »

 

Lisons de près : Jésus ne dit pas « n’ayez pas d’ennemis », mais « aimez vos ennemis ». Ce n’est pas la même chose. ! Cela suppose que l’on ait des ennemis !

Quels sont donc les « ennemis » d’un disciple du Christ ?

D’une part les ennemis « normaux », ceux de toute vie sociale et politique. Une société sans conflit serait une société totalitaire.

Mais aussi les ennemis « supplémentaires » en quelque sorte : ceux que Jésus promet à ceux qui le suivront. C’est le sens de ce passage déroutant de Matthieu 10 34-36 : « Je ne suis pas venu apporter la paix sur la terre, mais le glaive ». Le glaive, c’est-à-dire « la division », selon la traduction par Luc (12,51) de cette métaphore, traditionnelle dans la Bible pour désigner ce qui pénètre au plus intime. Et encore : « On aura pour ennemis les gens de sa propre maison ». Pourquoi ? Parce que, en face de l’Évangile, on ne peut rester neutre, indifférent : il faut prendre parti. Et la décision pour ou contre Jésus ne dépend pas de nos solidarités « naturelles » (famille, clan, nation, ethnie, etc.). C’est à l’intérieur de chacun de ces groupes (et à l’intérieur de nous-même aussi) que passe le « glaive » de la décision. Ce glaive ne tue pas, mais il « divise ».

Le chrétien qui n’a pas d’ennemis devrait s’interroger : n’aurait-il pas édulcoré la radicalité de l’Évangile ?

Il y a aussi les conflits dans lesquels il faut entrer pour faire la paix… (Cf. ce matin)

 

Remarque complémentaire à ce que j’ai dit ce matin :

Croire que la réalisation parfaite de la paix du Christ pourrait être un objectif immédiat, ce serait méconnaître la dure réalité du péché : réalité dans nos vies certes, mais qui marque aussi les relations sociales et politiques (on peut évoquer la notion de "structures de péché"). L'artisan de paix doit donc souvent se fixer comme tâche immédiate, non pas la vraie paix, le shalom biblique (objet d’espérance eschatologique) mais plus humblement la paix au sens très banal du mot : l'absence de violence. Faire la paix, c'est alors séparer les combattants, chercher des compromis, proposer des moyens non-violents de résolution des conflits, favoriser les procédures d'arbitrage, etc.

 

Le conflit : non seulement Jésus ne refuse pas le conflit, mais il le suscite. Ses diatribes contre les scribes et les pharisiens, son expulsion des marchands du temple, sa vigoureuse dénonciation des interprétations légalistes du Sabbat : autant d’épisodes où on le voit affronter avec vigueur ses adversaires. Des adversaires qui deviennent même des ennemis (on passe de « adversaires » à « ennemis » quand l’autre n’est plus seulement à affronter mais à éliminer).

Certes, Jésus ne se conduit en ennemi de personne (il ne veut la mort d’aucun de ses adversaires), mais beaucoup le considèrent comme un ennemi : ils vont comploter contre lui pour le mettre à mort.

Lisons par exemple le chapitre 23 de Mathieu, avec tous ces « malheurs à vous ! ». Aux versets 33-36, on lit : « vipères !... etc. »

 

Mais alors on s’interroge : l’Évangile dit-il le contraire de ce qu’on nous a toujours enseigné ? Ce n’est plus un message de paix, de fraternité, de réconciliation ?

Bien sûr que si ! Les invitations à la paix sont partout, depuis la crèche (« Paix aux hommes que Dieu aime ») jusqu’à la Croix (« C’est lui notre paix…En sa chair, il a tué la haine… » Éphésiens 2,13-17).

On pourrait multiplier les citations qui montrent que la paix est au cœur de la Bonne nouvelle : la paix à recevoir comme signe du Royaume, et aussi la paix à faire (« heureux les artisans de paix » : artisans, c’est-à-dire ceux qui « font » qui « fabriquent » ; pas ceux qui se contentent de souhaiter la paix, ou de prier pour la paix…).

 

Alors, d’où vient l’erreur ? C’est que nous confondons conflit et violence

Ce que Jésus refuse ce n’est pas le conflit, c’est la violence.

 

Le conflit : une réalité qui n’est en soi ni bonne ni mauvaise.

 

Mais la violence, c’est que Jésus nous demande de refuser.

 

Pour pouvoir affirmer que Jésus refuse radicalement toute violence, il faut se mettre d’accord sur le sens du mot « violence » : toute atteinte délibérée à la vie, à l’intégrité physique et/ou à la dignité d’autres personnes humaines (la dignité, cela compte beaucoup : une parole blessante, une discrimination humiliante sont souvent plus violentes qu’un coup de poing parti un peu vite…).

 

L’invitation à "tendre l'autre joue" (Matthieu, 5, 39), le refus d'être défendu par le glaive lors de son arrestation ("rengaine ton glaive; car tous ceux qui prennent le glaive périront par le glaive", Matthieu, 26, 52) et beaucoup d’autres passages des évangiles permettent d’affirmer que Jésus refuse toute violence (au sens défini ici).

Mais cela ne signifie pas résignation, refus de résistance. Il d’agit bien de s’opposer au mal, mais autrement que par la violence.

 

Lisons le « Sermon sur la montagne » Mt 5

A propos de « tendre l’autre joue », écoutons Benoît XVI : « Cette page d’évangile est considérée, à juste titre, comme la magna charta de ma non-violence chrétienne, qui ne consiste pas à se résigner au mal – selon une fausse interprétation du « tendre l’autre joue » (cf. Lc 6,29) -, mais à répondre au mal par le bien (Cf. Rm 12, 17-21), en brisant la chaîne de l’injustice. » (Angelus 18/02 2007).

 

            Peut-on dire de Jésus qu’il était « non-violent » ? Oui et non. 

 

Non, si l'on entend par là qu’il avait un projet politique du type de celui qu'évoque aujourd'hui ce mot à nos oreilles : Jésus n'est pas Gandhi, ni Luther King, ni Walesa. Lui appliquer le mot « non-violence » serait un anachronisme (le mot date du XXème siècle : il se répand en France dans les années 1920, à partir des premiers reportages sur l’action de Gandhi).

 

Oui, si l'on donne à ce mot son vrai sens : non pas passivité, non pas naïveté (« tout le monde est bon, tout le monde est gentil » : c’est évidemment faux), non pas résignation devant l’inacceptable mais refus radical – et actif ! - de tout ce qui porte atteinte à la vie ou à la dignité des hommes, même "ennemis".  

 

On peut parler d’une « non-violence évangélique », non comme idéologie, ni comme « commandement moral », mais comme orientation fondamentale de l’action du chrétien dans tous les conflits de sa vie. Jésus ne recommande jamais de traiter ces divisions par le glaive au sens matériel du mot. La « non-violence évangélique » ne signifie donc pas le refus du conflit, ni le rêve d'un monde qui ne serait pas traversé par le mal, la haine, la violence. Elle signifie que le fidèle du Christ est invité à vivre les conflits non seulement sans haïr ses ennemis, mais en maintenant ouverte la perspective d'une réconciliation avec eux, sinon dans le temps du conflit même, du moins comme horizon toujours possible.

 

Attention à ne pas employer le mot « réconciliation » trop facilement. Pour le chrétien, la réconciliation avec l'adversaire n'est pas un idéal en soi : l'évangile rapporte comment Hérode et Pilate se sont "réconciliés" sur le dos de Jésus (Luc 23, 12). Certains plaidoyers pour la réconciliation sont insupportables, par exemple quand des bourreaux proposent la réconciliation à leurs victimes pour éviter que justice soit faite. Si urgente que soit la réconciliation au Rwanda, est-elle possible tant que les responsables du génocide ne sont pas jugés ?

 

Invitation du pape François : « Faisons de la non-violence active notre style de vie »

 

À cette occasion, je souhaite m’arrêter sur la non-violence comme style d’une politique de paix et je demande à Dieu de nous aider tous à puiser à la non-violence dans les profondeurs de nos sentiments et de nos valeurs personnelles. Que ce soient la charité et la non-violence qui guident la manière dont nous nous traitons les uns les autres dans les relations interpersonnelles, dans les relations sociales et dans les relations internationales. Lorsqu’elles savent résister à la tentation de la vengeance, les victimes de la violence peuvent être les protagonistes les plus crédibles de processus non-violents de construction de la paix. Depuis le niveau local et quotidien jusqu’à celui de l’ordre mondial, puisse la non-violence devenir le style caractéristique de nos décisions, de nos relations, de nos actions, de la politique sous toutes ses formes ! » (Message du 1 janvier 2017).

 

Prière : Le sermon sur la montagne

 

Notamment : Mt 5, 1-10 les béatitudes

21-24 : aller plus loin que « tu ne tueras pas »

38-48 l’autre joue

À compléter par Jean 18-22 : comment Jésus réagit quand il est giflé par un garde

 

 

 

 

Beaugency

3. Comment lutter sans violence

 

 

On a vu hier que tout disciple de Jésus est appelé, non pas à fuir les conflits, mais à les vivre sans haine et sans violence. Et même en aimant ses ennemis ! Car l'amour des ennemis est justement ce qui doit distinguer ses disciples : "Si vous aimez ceux qui vous aiment, que faites-vous d'extraordinaire ? Les païens n'en font-ils pas autant?" (Matthieu, 5, 46).

La question rebondit alors : qu’est-ce que « aimer », dans ce cas ? Ce n’est certes pas éprouver à leur égard des « sentiments » (un sentiment, cela ne se « commande » pas !), mais c’est se comporter envers eux de telle sorte qu’ils soient respectés dans leur vie et leur dignité, même quand on cherche à leur ôter leurs moyens de faire du mal (sinon, ils ne seraient pas des ennemis !).

« Aimer ses ennemis » au cœur même des conflits, c’est se garder de toute haine envers eux. C’est là une visée proprement spirituelle, une grâce à demander dans la prière, tant elle est peu naturelle. Comment ne pas haïr celui dont je pense qu’il veut ma mort ou mon humiliation ? Seul l’Esprit de Jésus peut nous enseigner comment lutter contre des entreprises criminelles, sans haïr les personnes qui en sont les promoteurs ou les acteurs, et en laissant ouverte la perspective d'une réconciliation, même lointaine.

           

Lutter sans haïr, c’est la dimension spirituelle de la lutte non-violente.

 

Mais en quoi consiste cette lutte sans violence ?

C’est mettre en œuvre des moyens de pression – voire de contrainte - par lesquels l’adversaire (ou l’ennemi) sera privé de ses moyens de nuire, sans être atteint dans sa vie physique (tué, blessé, menacé de mort) ni dans sa dignité (diffamé, humilié, etc.).

Ces moyens, ce n’est pas dans l’Évangile qu’il faut les chercher – ce n’est pas un livre de recettes – mais dans l’exercice de l’intelligence que Dieu nous a donnée : étudier les grands exemples historiques des luttes non-violentes et des « résistances civiles », qui ne se réduisent pas à celles de Gandhi et King ; l’exemple de Solidarnosc a beaucoup à nous apprendre, celui des Philippines aussi, en février 1986 ; mettre en œuvre le savoir des sciences sociales.

 

Cette forme d’action - qui a acquis sa notoriété dans la lutte pour l’indépendance de l’Inde (1917-1947), puis dans les combats du Mouvement pour les droits civiques des Noirs américains, menés entre 1956 et 1968 sous la conduite de Martin Luther King - met en œuvre un certain nombre de moyens que l’on peut dire « non-violents » au sens où ils ne portent pas atteinte la vie et la dignité des personnes adverses. Ces moyens, cependant, peuvent porter atteinte, si nécessaire, aux moyens d’action, voire aux biens des personnes et être, pour cela, ressentis comme "violents" par ceux qui en sont la cible.

 De quoi s'agit-il ?

  • moyens classiques, légaux, visant à médiatiser une cause (manifestations, pétitions, marches, grèves de la faim, etc.)

-  mais aussi moyens de contrainte (grèves, boycottages, désobéissance civile, sanctions économiques, obstructions diverses, etc.) visant à faire plier la volonté d’un adversaire que l'on tient pour responsable d'une situation inacceptable.

Sur quoi repose l’efficacité de tels moyens ?

Sur une analyse qu'exprimait déjà Etienne de la Boétie dans son Discours de la servitude volontaire : aucun pouvoir ne saurait se maintenir longtemps sans une certaine collaboration de ceux-là même qu'il opprime : "Ce ne sont pas tant les fusils britanniques qui sont responsables de notre sujétion, écrivait Gandhi, que notre coopération volontaire".

Une stratégie non-violente consiste donc à organiser un refus, si possible massif, de diverses formes de collaboration avec ce qui donne du pouvoir à l’adversaire. L'objectif n'est pas de l'affronter directement, mais de miner les bases - politiques, économiques, idéologiques - de son pouvoir.

Les principales de ces formes de pression sans violence sont la grève, le boycottage, la désobéissance civile. Toutes trois consistent essentiellement en refus coordonné de collaboration :

en tant que travailleur, la grève

en tant que consommateur, le boycottage

en tant que citoyen, la désobéissance civile

Chacune d'elles pose d'ailleurs des problèmes spécifiques, quant à leur opportunité et leur légitimité. Le recours à la désobéissance civile, notamment, ne se justifie que très rarement quand on vit dans un pays vraiment démocratique. Toutefois, des auteurs aussi différents que Hannah Arendt, John Rawls et Jurgen Habermas estiment que cette forme d'action doit avoir sa place, même dans une démocratie.

L’Histoire et l’actualité offrent un certain nombre d’exemples de groupes humains qui se sont opposés sans violence à des adversaires n’hésitant pas, de leur côté, à manier la violence ou la menace de violence.

Le "people power" qui, en février 1986, parvint à renverser le régime de F. Marcos aux Philippines. [1]."

            Huit jours après les élections remportées par le président Ferdinand Marcos, l'épiscopat publie les preuves établissant que ces élections ont été truquées et invite le peuple philippin à résister à un gouvernement désormais privé de tout droit à l'obéissance des citoyens : "Si nous ne faisions rien (...), nous serions coupables conjointement avec ceux qui commettent ce mal que nous voulons voir réparé. Nous n'appelons pas à des moyens sanglants, violents, pour corriger ce mal. Si nous le faisions nous encouragerions le péché énorme qu'est la lutte fratricide. Tuer pour arriver à la justice ne rentre pas dans les limites de notre vision chrétienne dans le contexte actuel. La voie qui nous est indiquée maintenant est la voie du combat non-violent pour la justice" (Doc. cathol. 1986, p. 321). Cet appel sera entendu : quelques jours plus tard, une étonnante mobilisation non-violente de la population renversera Marcos [2].

 

 

Quand je dis qu’il n’y a pas de « recettes » dans l’Évangile, je ferais pourtant une exception : le beau récit de la femme adultère (Jean 8) contient beaucoup d’indications très pratiques sur la manière dont Jésus gère ce conflit de manière « non violente » 

En se baissant vers le sol, Jésus n’humilie pas ses adversaires par une parole d’ironie ou un regard de triomphe, alors qu’il a vraiment « gagné » (il les a « vaincus », n’ayons pas peur du mot) en trouvant cette réplique « Que celui qui est sans péché lui jette la première pierre ». Merveilleuse trouvaille, qui sauve la vie de cette femme, et renvoie chacun à sa conscience, sans l’humilier…Une « porte de sortie » leur est offerte pour partir sans « perdre la face ».

 

Dans ce champ de recherche, les chrétiens ne sont certes pas seuls, heureusement ! Mais ils ont une motivation particulièrement forte pour s’y investir : le désir de concilier, dans l’action concrète, deux exigences toutes deux évangéliques, parfois perçues comme contradictoires : d’une part l’amour des ennemis et d’autre part le devoir de s’opposer à ceux qui portent atteinte – par l’injustice, la discrimination, l’exclusion, la tyrannie, etc. – à la dignité des hommes, et plus spécialement des faibles et des pauvres.

 

C’est ainsi qu’on peut donner son sens plénier au mot « paix », son sens biblique. Les « stratégies non violentes » permettent de réaliser le « shalom », par la justice, sans entrer dans la logique déshumanisante et antiévangélique de la violence.

 

 

Martin Luther KING

« La non-violence « n’est pas une méthode pour les lâches, mais une méthode pour les forts : elle implique qualité spirituelle et courage personnel car elle résiste activement aux maux du système social ; … elle attaque les forces du mal plutôt que les personnes qui commettent le mal ; …elle implique l’acceptation de la souffrance sans désir de vengeance » (Dieu est noir, p 202)

 

Dès son adolescence à Atlanta, King a été confronté à l’horreur de la ségrégation raciale.  Il a été témoin des actes « tyranniques » et « barbares » perpétrés contre les Noirs, tels les lynchages sauvages et les raids nocturnes du Ku Klux Klan. Il avait pu aussi constater la brutalité de la police et les injustices des tribunaux à l’encontre des Noirs. Très vite, il a été convaincu que « l’injustice raciale s’accompagne inévitablement d’une injustice économique ».

 

Au cours de ses études, il découvre l’ouvrage de Henry David Thoreau sur la désobéissance civile. « Fasciné par l’idée de refuser de collaborer avec un système mauvais, raconte-t-il, je fus tellement bouleversé que je relus l’ouvrage plusieurs fois ». « J’ai alors acquis la conviction que le refus de coopérer avec le mal est une obligation morale, tout autant que la coopération avec le bien ».

 

En 1948, ordonné pasteur, il entre au séminaire Crozer à Chester en Pennsylvanie pour y étudier la théologie. Sa quête intellectuelle est centrée sur la recherche d’« une méthode propre à éliminer le mal inhérent à la société ». L’ouvrage de Walter Rauschenbusch, pasteur baptiste américain, Christianity and the Social Crisis, lui fournit une base théologique solide sur ce que l’on nomme alors « l’évangile social » : L’Évangile est destiné à l’homme tout entier, non pas seulement à son âme, mais aussi à son corps [...] Je suis resté convaincu qu’une religion qui prétend avoir le souci des âmes, mais qui se désintéresse d’une situation économique et sociale qui peut les blesser, est une religion spirituellement moribonde, condamnée à disparaître».

 

Soucieux de comprendre pourquoi beaucoup d’opprimés se tournent vers le communisme, il étudie Marx. Convaincu que « l’histoire est dirigée par l’esprit, non par la matière », il rejette l’interprétation matérialiste de l’Histoire et désapprouve fortement le relativisme éthique du communisme.

Pour King, la fin ne justifie jamais les moyens, une cause juste ne peut justifier le recours à la violence et au meurtre. « Jamais une fin positive ne pourra fournir une justification morale absolue à un moyen négatif, écrit-il dans Combats pour la liberté, car en dernière analyse, la fin est contenue dans les moyens.

 

Mais la lecture de Marx l’a conforté dans ses analyses sur les injustices sociales, tout particulièrement « le gouffre qui se creuse entre la richesse superflue et le dénuement intolérable ». King reconnaît que les thèses de Marx comportent des aspects positifs. « Quand il dénonce les faiblesses du capitalisme traditionnel, quand il invite les masses à prendre conscience de leurs droits et met en doute la conscience sociale des églises chrétiennes, je lui réponds "oui" sans arrière-pensées ».

 

Au printemps 1950, une conférence lui fait découvrir la vie et les enseignements de Gandhi. King est absolument fasciné par ce qu’il entend. « Son message était si profond, si enthousiasmant, que je renonçai à la suite du congrès et sortis m’acheter une demi-douzaine d’ouvrage sur la vie et l’œuvre de Gandhi. »

« Au fur et à mesure que j’avançais dans mes lectures, je fus de plus en plus fasciné par ses campagnes de résistance non-violente. Je fus particulièrement ému par sa Marche du Sel et par ses nombreux jeûnes. …Avant d’avoir lu Gandhi, j’avais été sur le point de penser que l’éthique chrétienne ne pouvait être appliquée que sur le plan des rapports individuels; je croyais alors que les préceptes comme "Tends l’autre joue" et "Aimez vos ennemis" n’étaient valables que pour les conflits entre individus ; s’il s’agissait de races entières ou de nations, il me semblait que le problème exigeait une solution plus réaliste. Mais après avoir lu Gandhi, je compris que je m’étais gravement trompé. »

« Gandhi a probablement été le premier personnage de l’histoire à élever la morale chrétienne de l’amour au-dessus du niveau des rapports individuels, à en faire une force sociale efficace, puissante et étendue [...] J’avais enfin trouvé la méthode de réforme sociale que je cherchais depuis des mois [...

 

« Mon étude de Gandhi devait me convaincre que le véritable pacifisme n’est pas le fait de ne pas résister au mal, mais le fait de lui résister sans violence. La différence entre les deux attitudes est immense. Gandhi a résisté au mal avec autant de vigueur et d’énergie que les violents de ce monde, mais son arme était l’amour et non la haine. Le véritable pacifisme ne consiste pas à se soumettre, loin de tout réalisme, aux puissances mauvaises. C’est au contraire le courage d’opposer au mal la puissance de l’amour, dans la certitude qu’il vaut mieux subir la violence que la perpétrer, car en la perpétrant, on ne fait qu’accroître la somme de souffrance déjà présente dans l’univers, tandis qu’en la subissant, on a des chances de susciter chez l’adversaire un sentiment de honte, propre à opérer chez lui une transformation intérieure, une conversion. »

Il termine ses études de théologie en 1954, avec de solides bases intellectuelles sur la question de la non-violence et de la lutte non-violente.

 

À l’époque, cependant, tout cela restait sur le plan intellectuel : je ne songeais pas encore sérieusement à appliquer ces idées à une situation sociale concrète. » Ce n’est qu’un an plus tard, avec le geste héroïque de Rosa Parks dans un autobus de Montgomery, le 1er décembre 1955, que King fera une entrée fracassante sur le terrain de la lutte non-violente. En organisant une puissante action de boycott des bus de la ville, qui aboutit à la fin de la ségrégation raciale dans les transports en commun de Montgomery, il a commencé à expérimenter toute la force de la non-violence qu’il ne connaissait qu’à travers les livres.

« Ce n’est pas moi qui ai lancé le mouvement, se souvient-il, je ne l’ai même pas suggéré ; j’ai simplement répondu à l’appel du peuple, qui voulait que je fusse son porte-parole. Quand la grève commença, je pensai aussitôt, consciemment ou non, au Sermon sur la Montagne, avec sa sublime doctrine de l’amour, et à la méthode gandhienne de la résistance non-violente. Puis j’eus de plus en plus l’occasion de constater la puissance de la non-violence. Après cette expérience, la non-violence devint pour moi autre chose qu’une méthode intellectuellement satisfaisante : elle devint ma règle de vie ».

 

Prière : la Femme adultère Jean 8

 

 

Annexe

Ce devoir de chercher des moyens pour gérer les conflits sans violence, l’Eglise catholique en parle souvent depuis le Concile Vatican II.

Le mot "non-violence" trouve place dans des textes émanant du Magistère. Dès 1971, il apparaît dans un texte sur "la promotion de la justice dans le monde", adopté par le Synode des évêques et promulgué par Paul VI : "Il est absolument nécessaire que les différends entre nations ne soient pas résolus par la guerre, mais que soient trouvés d'autres moyens conformes à la nature humaine; que soit favorisée en outre l'action non-violente et que chaque nation reconnaisse légalement l'objection de conscience et lui donne un statut." (Justicia in mundo, 68)

            Dans Centesimus annus, Jean-Paul II, réfléchissant sur la chute des régimes communistes en 1989 (révolutions de velours, sans aucune victime, sauf en Roumanie), écrit que c’est le résultat de « l’action non-violente d’hommes et de femmes qui, alors qu’ils avaient toujours refusé de céder au pouvoir par la force, ont su trouver dans chaque cas la manière efficace de rendre témoignage à la vérité ». Et il poursuit en émettant un vœu : « Puissent les hommes apprendre à lutter sans violence pour la justice ! (Centesimus annus, III,23) ».

 

Une phrase qui dit l’essentiel : l’objectif, c’est bien la justice. Cette justice ne s’obtient pas sans lutte. Cette lutte doit être « sans violence ». Et cela s’apprend…. Beau programme ! L’avons-nous mis en œuvre ?

 

 

 

Beaugency

4S’engager pour la paix et la justice : quelques chantiers selon le pape François

Ce pape n’aime pas les tièdes ; ceux qui se replient sur eux-mêmes, ceux qui ferment les yeux sur les réalités du monde. Il parle, dès La joie de l’Evangile, d’une « Eglise en sortie ». Sortie vers ce qu’il appelle les « périphéries ». Il a des mots sévères pour ceux qui sont « autocentrés », et aussi pour une Eglise qui ne s’occuperait que de ses problèmes internes.

S’engager, une exigence de la foi

Il y a des chrétiens qui pensent que les questions touchant la justice, la paix, l’accueil de l’étranger, la solidarité avec les plus pauvres, la préoccupation pour les générations à venir ne font pas vraiment partie du cœur de la foi. Il s’agirait d’annexes…Pour le pape François, l’Ecriture dit le contraire :  EG 180. … la proposition de l’Évangile ne consiste pas seulement en une relation personnelle avec Dieu. … la proposition est le Royaume de Dieu (Lc 4, 43) ; …Dans la mesure où Dieu réussira à régner parmi nous, la vie sociale sera un espace de fraternité, de justice, de paix, de dignité pour tous..

Conséquence : EG 183. … personne ne peut exiger que nous reléguions la religion dans la secrète intimité des personnes, sans aucune influence sur la vie sociale et nationale, sans se préoccuper de la santé des institutions de la société civile, sans s’exprimer sur les événements qui intéressent les citoyens. Qui oserait enfermer dans un temple et faire taire le message de saint François d’Assise et de la bienheureuse Teresa de Calcutta ? Une foi authentique … implique toujours un profond désir de changer le monde, de transmettre des valeurs, de laisser quelque chose de meilleur après notre passage sur la terre.

Un préalable : lutter contre l’indifférence. François dénonce «  l’indifférent, celui qui ferme le cœur pour ne pas prendre en considération les autres, celui qui ferme les yeux pour ne pas voir ce qui l’entoure ou qui s’esquive pour ne pas être touché par les problèmes des autres » … De nos jours, cela a dépassé nettement le domaine individuel pour prendre une dimension globale et produire une « globalisation de l’indifférence » (message pour le 1 janvier 2015).

Autre préalable : être heureux dans la lutte. «Comme c’est important que vous les jeunes, vous compreniez que le vrai bonheur passe par la lutte pour un monde plus fraternel ! Comme il est bon que vous les jeunes, vous voyiez que bonheur et plaisir ne sont pas synonymes, mais que le bonheur exige l'engagement et le dévouement. Vous êtes trop précieux pour parcourir le chemin de la vie comme des anesthésiés ! » Discours aux représentants de la société civile du Paraguay, 11 juillet 2015

  1. AVEC LES PLUS PAUVRES

Juste avant son élection : « n’oublie pas les pauvres » lui dit un cardinal brésilien. C’est pour cela qu’il choisit le nom de François.

Il ne cesse de citer un principe de la doctrine sociale de l’Eglise : l’« option préférentielle pour les pauvres » : EG 198. Pour l’Église, l’option pour les pauvres est une catégorie théologique avant d’être culturelle, sociologique, politique ou philosophique.

Dans Sollicitudo rei socialis en 1987, on lit que  l’« amour préférentiel pour les pauvres » est un principe de référence pour l’ensemble de l’Église : « C’est là une option, ou une forme spéciale de priorité dans la pratique de la charité chrétienne dont témoigne toute la tradition de l’Église. Elle concerne la vie de chaque chrétien, en tant qu’il imite la vie du Christ, mais elle s’applique également à nos responsabilités sociales et donc à notre façon de vivre, aux décisions que nous avons à prendre de manière cohérente au sujet de la propriété et de l’usage des biens (SRS 42).

En 1967, le pape Paul VI dans Populorum progressio avait cité ces mots de Saint Ambroise, s’adressant aux riches : « Ce n’est pas de ton bien que tu fais largesse au pauvre, tu lui rends ce qui lui appartient. Car ce qui est donné en commun pour l’usage de tous, voilà ce que tu t’arroges. La terre est donnée à tout le monde, et pas seulement aux riches (22). »

Le pape François est donc bien dans la continuité de ses prédécesseurs. Mais il est plus radical, plus frappant dans ses formulations. Voici par exemple : EG 53. « …nous devons dire “non à une économie de l’exclusion et de la disparité sociale”. Une telle économie tue. »

Et il a le don de trouver des illustrations. Écoutons son indignation : « Il n’est pas possible que le fait qu’une personne âgée réduite à vivre dans la rue meure de froid ne soit pas une nouvelle, tandis que la baisse de deux points en bourse en soit une. Voilà l’exclusion. »

Il poursuit :  « de grandes masses de population se voient exclues et marginalisées : sans travail, sans perspectives, sans voies de sortie. On considère l’être humain en lui-même comme un bien de consommation, qu’on peut utiliser et ensuite jeter. Nous avons mis en route la culture du “déchet” qui est même promue.

Un point important, sur lequel il insiste particulièrement : pas seulement « pour » les pauvres, mais avec eux. Il faut leur donner la parole :

187. Chaque chrétien et chaque communauté sont appelés à être instruments de Dieu pour la libération et la promotion des pauvres, de manière à ce qu’ils puissent s’intégrer pleinement dans la société ; ceci suppose que nous soyons dociles et attentifs à écouter le cri du pauvre et à le secourir.

 

 

  1. L’ACCUEIL DE CELUI QUI VIENT D’AILLEURS

« J’étais étranger et vous m’avez accueilli » : ces mots de Jésus (Mt 25) inspirent beaucoup d’engagements de chrétiens dans l’accueil des migrants, la défense des demandeurs d’asile.

Le pape François n’innove pas dans ce domaine ; ce qu’il dit s’inscrit en parfaite continuité avec les positions de Jean Paul II et Benoit XVI, qu’il cite régulièrement. Mais il innove beaucoup dans la manière. Il trouve des gestes, les formules qui frappent. Et on le sent vraiment touché, remué, indigné parfois. La fermeture est meurtrière : chaque année 2 à 3000 personnes se noient dans la Méditerranée. Et cela nous laisse indifférents…

Homélie à Lampedusa (8 juillet 2013) : « Dieu demande à chacun de nous : « Où est le sang de ton frère qui crie vers moi ? ». … La culture du bien-être, qui nous amène à penser à nous-même, nous rend insensibles aux cris des autres, nous fait vivre dans des bulles de savon, qui sont belles, mais ne sont rien ; elles sont l’illusion du futile, du provisoire, illusion qui porte à l’indifférence envers les autres, et même à la mondialisation de l’indifférence. Dans ce monde de la mondialisation, nous sommes tombés dans la mondialisation de l’indifférence. Nous sommes habitués à la souffrance de l’autre, cela ne nous regarde pas, ne nous intéresse pas, ce n’est pas notre affaire !

Rappelons aussi quelques initiatives : il a emmené 3 familles de réfugiés syriens dans son avion (des familles musulmanes) ; il a invité les instituts religieux à ouvrir leurs couvents vides : « le Seigneur appelle à vivre avec plus de courage et de générosité l’accueil dans les communautés, dans les maisons, dans les couvents vides… Très chers religieux et religieuses, les couvents vides ne servent pas à l’Église pour être transformés en hôtels et gagner de l'argent. Les couvents vides ne sont pas à nous, ils sont pour la chair du Christ que sont les réfugiés » (Visite au Centre Astalli de Rome  mardi 10 septembre 2013).

 Le pape François veut un « changement d’attitude envers les migrants … le passage d’une attitude de défense et de peur, de désintérêt ou de marginalisation – qui, en fin de compte, correspond à la « culture du rejet » – à une attitude qui ait comme base la « culture de la rencontre », seule capable de construire un monde plus juste et fraternel, un monde meilleur » (message pour la journée mondiale du migrant et du réfugié, 2014).

Dans son Message de janvier 2018, il nous invite avec force à « accueillir, protéger, promouvoir et intégrer les migrants et réfugiés. 4 verbes d’engagement, déclinés en 21 mesures précises. Un véritable programme !

 

  1. PRENDRE SOIN DE LA MAISON COMMUNE

Laudato Si’ invite à une « conversion écologique », nécessaire pour « protéger l’œuvre de Dieu » :

 

« La crise écologique est un appel à une profonde conversion intérieure.

Mais nous devons aussi reconnaître que certains chrétiens, engagés et qui prient, ont l’habitude de se moquer des préoccupations pour l’environnement, avec l’excuse du réalisme et du pragmatisme. D’autres sont passifs, ils ne se décident pas à changer leurs habitudes et ils deviennent incohérents. Ils ont donc besoin d’une conversion écologique, qui implique de laisser jaillir toutes les conséquences de leur rencontre avec Jésus-Christ sur les relations avec le monde qui les entoure…. Vivre la vocation de protecteurs de l’œuvre de Dieu est une part essentielle d’une existence vertueuse ; cela n’est pas quelque chose d’optionnel ni un aspect secondaire dans l’expérience chrétienne » (217)

 

Sa dénonciation du consumérisme est « radicale », car elle va à la racine spirituelle :

204 «Plus le coeur de la personne est vide, plus elle a besoin d’objets à acheter, à posséder et à consommer. Dans ce contexte, il ne semble pas possible qu’une personne accepte que la réalité lui fixe des limites. »

 

La conversion : changer nos modes de vie

Sur les gestes quotidiens, LS ne dit rien d’original : la liste des gestes proposés se retrouve un peu partout :  « se couvrir un peu au lieu d’allumer le chauffage », éviter l’usage de matière plastique et de papier, réduire la consommation d’eau, trier les déchets, cuisiner seulement ce que l’on pourra raisonnablement manger, traiter avec attention les autres êtres vivants, utiliser les trans­ports publics ou partager le même véhicule entre plusieurs personnes, planter des arbres, éteindre les lumières inutiles, réutiliser au lieu de jeter, etc.

 

L’originalité de François, c’est d’affirmer un lien fort entre ces petits gestes et une attitude proprement spirituelle :

 

211 « Le fait de réutiliser quelque chose au lieu de le jeter rapidement, parce qu’on est animé par de profondes motivations, peut être un acte d’amour exprimant notre dignité »

 

Invitation à la dimension proprement évangélique de cette conversion :

La méfiance envers les richesses, la béatitude des pauvres…

 

223. « La sobriété, qui est vécue avec liberté et de manière consciente, est libératrice. Ce n’est pas moins de vie, ce n’est pas une basse intensité de vie mais tout le contraire ; car, en réalité ceux qui jouissent plus et vivent mieux chaque moment, sont ceux qui cessent de picorer ici et là en cher­chant toujours ce qu’ils n’ont pas, et qui font l’ex­périence de ce qu’est valoriser chaque personne et chaque chose, en apprenant à entrer en contact et en sachant jouir des choses les plus simples. Ils ont ainsi moins de besoins insatisfaits, et sont moins fatigués et moins tourmentés ».

 

Changer nos modes de vie : nécessaire mais pas suffisant. Il faut aussi des changements globaux, qui exigent des décisions politiques

 

LS insiste (en 142) sur cet aspect, tout en manifestant un certain scepticisme sur la capacité du monde politique à prendre les décisions courageuses (problème du court-termisme). Et puis, même les meilleures lois sont contournées. Malgré cela, il faut agit au plan politique, et surtout ne pas opposer changements personnels et action sur les institutions car ils sont liés : c’est en changeant modes de vie et modes de consommation que les citoyens font pression sur les décideurs politiques et économiques, surtout s’ils se regroupent pour agir :

 

206 « Un changement dans les styles de vie pour­rait réussir à exercer une pression saine sur ceux qui détiennent le pouvoir politique, économique et social. C’est ce qui arrive quand les mouvements de consommateurs obtiennent qu’on n’achète plus certains produits, et deviennent ainsi efficaces pour modifier le comportement des entreprises, en les forçant à considérer l’impact environnemental et les modèles de production. C’est un fait, quand les habitudes de la société affectent le gain des entreprises, celles-ci se trouvent contraintes à produire autrement ».

 

Il se réfère à Benoit XVI, qui soulignait la responsabilité morale du consommateur : « Acheter est non seulement un acte économique mais toujours aussi un acte moral ».146

 

Rôle des associations

Entre le purement individuel et la grande politique, il y a les associations, la société civile.  La doctrine sociale de l’Église valorise les « corps intermédiaires ».

François incite à s’y investir :

232 « Tout le monde n’est pas appelé à travailler directement en politique ; mais au sein de la société germe une variété innombrable d’associations qui interviennent en faveur du bien commun en préservant l’environnement naturel et urbain. … Autour d’elles, se développent ou se reforment des liens, et un nouveau tissu social local surgit. Une communauté se libère ainsi de l’indifférence consumériste. … Ces actions communautaires, quand elles expriment un amour qui se livre, peuvent devenir des expériences spirituelles intenses ».

 

 

  1. L’ENGAGEMENT POLITIQUE

Dans les trois champs que je viens de parcourir, on croise la dimension politique.

Pour l'Église, l’engagement politique est une des manières de mettre en œuvre la « charité », de « servir le prochain ». On connaît la célèbre formule du pape Pie XI, parlant en 1927 du « champ de la plus vaste charité : la charité politique ». 

Le pape François, dans E G (205), affirme : « La politique, tant dénigrée, est une vocation très noble ; elle est une des formes les plus précieuses de la charité, parce qu’elle cherche le bien commun ». Et il ajoute : « Je prie le Seigneur qu’il nous offre davantage d’hommes politiques qui aient vraiment à cœur la société, le peuple, la vie des pauvres ! »

 

 

Conclusion

4 engagements liés. « Tout est lié » : la crise climatique engendre de nouveaux flux de migrants. Ceux-ci sont par excellence des figures du pauvre en qui le Christ est à servir et rencontrer. Chacun de ces engagements a une dimension politique puisqu’il suppose une action sur les « institutions ».

Mais « tout est lié » aussi en un autre sens : lié à la vie de l’Esprit en nous (la vie spirituelle). Aucun des engagements proposés ne peut tenir dans la durée s’il n’est pas irrigué par la gratuité, la contemplation, l’ouverture aux questions du sens.

LS 160. « pour quoi passons-nous en ce monde, pour quoi venons-nous à cette vie, pour quoi travaillons-nous et luttons-nous, pour quoi cette terre a-t-elle besoin de nous ? »

Pape jésuite ? Je ne sais. Je pense qu’un pape non jésuite dirait des choses semblables. Mais je ne peux m’empêcher de penser que, quand François insiste si fortement sur l’unité de l’engagement social et de l’écoute de l’Esprit, il y a un écho de certains points typiquement ignaciens : « contemplatifs dans l’action », « voir Dieu en toute chose ».

Il nous donne ainsi à la fois un programme d’action, et une ressource pour le vivre dans la joie et dans l’espérance. Joie, espérance : deux mots qui lui sont tellement chers !

 

PRIERE : Mt 25

 

 



[1] Cité dans Assassiné avec les pauvres, Cerf, 1981, p. 231.

[2] Voir l'analyse de ces événements par Pierre de CHARENTENAY, dans sa contribution à l'ouvrage collectif, sous la direction de Jacques SEMELIN, Quand les dictatures se fissurent, Desclée de Brouwer, 1995.

Week-end des CD

façon COVID !

Les responsables et trésoriers des CD de l'ACO de Normandie étaient réunis à Caen ce samedi 30 mai pour préparer la rencontre nationale qui se déroulera à Lourdes en 2022.

Des contributions au Rapport d'activités à partir du vécu de notre mouvement dans nos diocèses depuis Saint-Etienne 2018 ont été élaborées. Deux délégués de région étaient en charge de représenter la région lors de la visio-conférence avec le National ce matin (dimanche 30 mai) afin de les retranscrire.

Témoignage émouvant, sur les ondes de RCF, de Véronique sur son cheminement vers le baptême, soutenue par ses amis de l'ACO :

Elle sera baptisée à Pâques (lors de la veillée ou le dimanche matin... à préciser) et tous les membres de l'ACO qui voudraient l'entourer, pour cet événement essentiel pour elle, sont les bienvenus !

Notre copain, Lionel, a vécu ce mercredi 17 juin 2020 son premier conseil national en tant que président national de l'ACO. Nous lui souhaitons le courage et la fougue nécessaire  pouer assumer cette responsabilité et cet engagement. 

Voici le premier message de notre nouveau "président"

COVID-19 : Message de l'ACO

Parlons-En n° 35

Le Parlons-En n° 35 "Élections municipales, prendre sa place" est disponible sur le site internet de l'ACO.

Voici le lien : https://acofrance.fr/Parlons-en-no-35

Assemblée Générale - ACO de l'Orne - le 21 septembre 2019

MOT D’ACCUEIL 

 

Bonjour à toutes et à tous.

Un an a passé ! Un an, c’est long et pourtant ça passe vite.

Un an, c’est long quand on est souffrant.

Un an, c’est long quand on est au chômage et que l’on ne voit pas le bout du tunnel.

Un an, c’est long quand un couple part à la dérive et que l’être aimé a tourné le dos et s’en est allé.

Un an, c’est long quand les proches, les amis en qui l’on croyait se sont détournés dès que le vent a commencé à souffler en tempête dans notre vie ou quand un deuil nous laisse dans un désarroi et une solitude insoutenables.

Qui que nous soyons, nous sommes à même de vivre tout cela. Mais à l’ACO, on ne reste pas les mains dans les poches. On tend la main, on ouvre les bras et quand les problèmes ou les malheurs nous submergent, on voit des copains arriver alors vers nous, mains et bras ouverts.

Serait-on déjà au paradis ? Sans doute pas tout à fait ! Mais chaque fois qu’on s’engage, qu’on milite avec ceux qui n’en peuvent plus, qui sont au fond du gouffre ou tout au bord, on refait à la fois leurs forces et les nôtres. Je devrais dire : « Il refait nos forces ! ». Oui, Dieu de la vie nous rejoint, Il met au cœur une Espérance, chantons-nous souvent. Alors que le Paradis ait un goût de solidarité, ça ne m’étonnerait pas.

Oui, Jésus est sur tous nos rivages et nous demande encore et toujours de jeter nos filets avec toute la fougue dont nous sommes capables ; pas pour prendre au piège quiconque mais pour permettre au plus grand nombre de découvrir de quel Amour ils sont aimés, de quel Amour nous sommes aimés ; qu’ils ne sont pas, que nous ne sommes pas seuls au milieu des pires galères.

Alors nous voici à l’action dans nos syndicats, nos comités de quartier et tant d’associations. Le grand Débat ? Nous y prenons place pour porter une parole, une autre parole. A l’occasion des élections européennes, nous organisons des rencontres pour nous éclairer mutuellement sur les réalités européennes et les enjeux du scrutin. Nous nous engageons auprès des immigrés pour qu’un accueil plus humain leur soit réservé. Nous écoutons la parole des copains en ESAT quand ils expriment leur vision des choses et se joignent à nos luttes pour améliorer leur vie et la nôtre. Et j’en suis sûr, nombre d’entre nous s’associeront, en ce 21 septembre, à la Marche pour le climat et la justice sociale sans oublier la journée du Travail décent, le 7 octobre qui nous donnera une nouvelle occasion de nous engager. Et au bout de tout ça, nous nous surprenons à dire « En fait, un an ça passe vite !

Alors lorsque aura lieu, les 16 et 17 mai 2020, la Rencontre régionale à Sées, nous pourrons rendre grâce pour tout ce qui aura été vécu depuis Saint-Etienne et reprendre tous ensemble des forces pour l’étape suivante. En cette année 2020, nous aurons aussi à fêter dans la joie les 70 ans de l’ACO, pas comme des anciens combattants, catégorie qui a tout mon respect, mais comme des militants et des témoins régénérés pour qu’adviennent dans notre monde la paix et la justice et que vive l’ACO.

Thierry

Marche pour la paix Samedi 21 septembre 2019

Rencontre des comités de secteur aco de l’orne

du 25 mai 2019

Les comités de secteur ACO de l’Orne se sont réunis pour la deuxième fois ce 25 mai 2019 à Sées (Il existe un comité secteur sur Mortagne, Flers, Argentan, Sées, Alençon) Chacun d’eux assure le lien avec le comité diocésain de l’ACO de l’Orne. Cela permet de faire vivre les orientations et les convictions du mouvement ; ils sont aussi moteurs pour réagir aux événements (religieux, spirituels, sociaux).

Cette matinée nous a permis de partager la vie de nos secteurs sur le diocèse.

Le secteur de Mortagne était représenté par Valérie, Véronique, Geneviève et Thierry. À Mortagne la récente mise en route du Comité de secteur a permis d’organiser un débat-partage sur les élections européennes.  Une quinzaine de personnes étaient présentes. Après la diffusion d’un montage vidéo sur l’histoire de l’Europe et un autre sur son fonctionnement (un organigramme sur les instances représentatives de l’Union européenne a également été distribué), une discussion s’est engagée sur la vision qu’avait chacun de cette institution. Voici quelques réactions :

          « Je comprends mieux comment fonctionne l’Europe.

          Je découvre l’étendue des domaines où elle intervient.

          L’ACO est dans son rôle quand elle propose ce genre d’échanges. Cela permet de rencontrer du monde pour dialoguer sur des sujets parfois difficiles.

          Inviter quelqu’un à un événement ACO, c’est déjà délivrer un message. »

Les secteurs d’Argentan, Alençon et Flers ont, eux aussi, organisé un partage sur l’Europe. A l’occasion du « Grand débat », l’ACO a organisé trois rencontres sur l’ensemble du diocèse.

Lionel nous rappelle que c’est important que l’ACO continue à susciter le partage, le débat. On avance les uns avec les autres et pour les autres. En tant que chrétiens et citoyens nous devons prendre part aux débats, aux décisions et donner la parole au plus petit, au plus fragile.

Un constat général : il va falloir apprendre à mieux communiquer, à inviter plus largement pour que nos propositions soient connues du plus grand nombre.

Selon Valérie, pour être visibles il faut un lieu d’accueil bien identifié (maison paroissiale ou lieu plus neutre ?), avec des permanences régulières. Nos actions ne sont pas assez visibles dans la presse.

Claude croit à la richesse du contact personnel : « L’invitation est déjà l’action. ». Toute invitation doit faire l’objet d’un suivi : « Un NON, aujourd’hui, prépare un OUI, demain. ».

Lionel revient sur l’importance de la « Carte de relations » chère à l’ACO : À qui suis-je relié(e) dans chacun de mes lieux de vie ?

Les représentants des comités de secteurs ont également réfléchi à la préparation de notre traditionnelle rencontre de fin d’année au prieuré Saint-Ortaire, près de Bagnoles-de-l’Orne. Elle aura lieu le samedi 22 juin, non pas l’après-midi comme à l’accoutumée mais de 9 h 30 à 16 h 30 pour permettre à chacun d’honorer des engagements souvent nombreux en cette période.

Le programme de cette journée : Accueil, partage de ce qui nous a marqué cette année ; célébration, repas partagé, temps détente pour terminer.

Après avoir dit une prière tous ensemble, la réunion s’est terminée par l’annonce de quelques dates :

          Le 21 septembre : assemblée générale et temps de formation

          En 2020 aura lieu l’assemblée régionale et les 70 ans de l’ACO.

La rencontre s’est terminée en se donnant donc rendez-vous le 22 juin à Saint-Ortaire

Thierry DUBOIS, président

Lionel LECERF, élu au Conseil national

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